Les FL présentent une pétition pour la création d’une commission d’enquête internationale

Les Forces libanaises (FL) n’en démordent pas. Depuis août, elles réclament une enquête internationale sur les causes de la double explosion au port de Beyrouth le 4 août 2020. Elles ont donc demandé hier au secrétaire général des Nations unies, António Guterres, la création d’une commission d’enquête internationale sous l’égide de l’ONU qui serait chargée de mener les investigations. Une délégation du parti, formée des députés Georges Okais, Imad Wakim, Eddy Abillamaa et Fadi Saad, a présenté une pétition en ce sens à la coordinatrice spéciale des Nations unies au Liban, Najat Rochdi. Cette initiative intervient alors qu’un nouveau juge d’instruction, Tarek Bitar, a été nommé vendredi à la tête de l’enquête sur le port, en remplacement de Fadi Sawan. Ce dernier avait été dessaisi la veille après que la chambre pénale près la Cour de cassation de Beyrouth a accepté le recours pour suspicion légitime présenté à son encontre par deux anciens ministres inculpés dans cette affaire, les députés Ghazi Zeaïter et Ali Hassan Khalil.

Hier matin, des proches des victimes ont de nouveau protesté devant le Palais de justice contre les atermoiements judiciaires. Reçus par Tarek Bitar, ils ont exprimé leur volonté de faire confiance « jusqu’à nouvel ordre » aux prochaines investigations, soulignant qu’ils se donnent trois semaines pour évaluer son action.Après leur rencontre avec Najat Rochdi, les députés FL ont ensuite tenu une conférence de presse au siège du Club de la presse (Furn el-Chebback), devant lequel des dizaines de familles des victimes observaient un sit-in pour soutenir cette pétition. Georges Okais a relevé que « la coordinatrice spéciale des Nations unies pour le Liban (…) est très consciente de la réalité de la justice et du pouvoir politique au Liban, exprimant la volonté de la communauté internationale de fournir son assistance par tous les moyens ». « Mme Rochdi a en outre assuré que l’ONU appuie une enquête impartiale, indépendante, transparente et rapide », a ajouté le député.

« Nous avons réclamé aux Nations unies la formation d’une commission qui collecterait les preuves pour les mettre à la disposition de la justice libanaise et du secrétariat général de l’ONU », a-t-il révélé. « Cette demande n’est pas une atteinte à la souveraineté libanaise, contrairement à l’interférence de la politique dans la justice », a affirmé M. Okais.

La troisième fois

Il s’agit de la troisième tentative des FL d’obtenir une internationalisation des investigations. Dès fin août 2020, le parti de Samir Geagea avait déposé auprès du bureau de M. Guterres à New York une demande pour la création d’une commission d’enquête internationale. Moins de trois mois plus tard, les FL avaient remis à Patrick Durel, l’émissaire du président français, une lettre en ce sens adressée à Emmanuel Macron.Leur initiative en rejoint d’autres, formulées tant par les anciens Premiers ministres que par le patriarche Béchara Raï, ou d’autres personnalités, au lendemain du 4 août.

Mais les autorités, aussi bien locales qu’internationales, se sont montrées réticentes à internationaliser les investigations. Alors qu’Emmanuel Macron s’était d’abord prononcé pour « une enquête internationale ouverte, transparente et claire », les Libanais n’ont pas tardé à déchanter, son homologue libanais, Michel Aoun, ayant déclaré qu’une telle enquête « diluerait la vérité ». Plus tard, le ministre de l’Intérieur, Mohammad Fahmi, enfonçait le clou en affirmant : « Nous avons toutes les compétences nécessaires. » Quant à l’ambassadeur russe de l’époque, Alexander Zasypkin, il avait martelé que Moscou s’opposerait à toute tentative d’internationalisation. Entre-temps, l’enquête a bénéficié d’appuis techniques notamment français et russes, de l’aide sur place du FBI et de Scotland Yard, sans que cela n’aboutisse, jusqu’à présent, à des résultats concrets. Dans ce contexte, pourquoi donc continuer à réclamer une commission d’enquête internationale ? Pierre Bou Assi, député FL, affirme à L’Orient-Le Jour qu’il s’agit d’un moyen légal que son parti entend utiliser comme « un levier de pression ». « Sachant que le Conseil de sécurité de l’ONU ne peut être saisi que par le gouvernement pour une demande d’enquête internationale, nous choisissons un recours plus accessible, consistant à demander à M. Guterres la formation d’une commission d’enquête internationale, qui ne nécessite que son accord », indique-t-il. Joint par L’OLJ, Charles Jabbour, porte-parole des FL, renchérit : « On ne peut pas se dire : la vie continue », évoquant « le devoir et la conscience ».

OLJ / Par Claude ASSAF

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